Projet de loi numérique.
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5 réactions types au projet de loi numérique

Samedi 26 septembre, le gouvernement lançait une grande concertation sur le projet de loi numérique. Tout citoyen peut, sur une plate-forme plutôt bien conçue, proposer des modifications ou des ajouts au projet présenté par le secrétariat d’état au numérique. Les propositions les plus plébiscitées seront étudiées par le Gouvernement et pourront être intégrées au texte final qui sera présenté au parlement.

Le concept est innovant et particulièrement intéressant… A suivre les réactions, on constate qu’il ne mobilise pas les foules.

 

On s’en fiche

Il faut être franc, le sujet ne passionne pas. La timide conférence de presse tenue un samedi matin n’a pas fait vibrer les coeurs de nos concitoyens et on peut être certain que peu de gens savent ou se souviennent que cette consultation a lieu.

C’est pourtant une opération inédite, qui répond à l’aspiration de chacun de peser sur la vie politique et donc de s’affranchir, au moins partiellement, du filtre des élus de la République.

C’est aussi et surtout un texte dont les enjeux considérables échappent, semble-t-il, dans l’ensemble à ceux qui ne se sont jamais spécifiquement penchés sur la question. Neutralité du net, droit à l’oubli des mineurs, ou encore accès au numérique sont loin, très loin d’être des questions annexes de la vie publique. La faute à des formulations trop techniques ?

 

It’s a trap !

Encore un coup de com qui ne sert à rien” ou autres “c’est un coup de la DGSI pour connaître et ficher les opinions des citoyens” ont très rapidement fleuri à l’annonce de la consultation.

Le gouvernement s’est pourtant engagé à répondre aux propositions qui auront reçu le plus de votes, il sera simple de vérifier si la promesse est tenue. Quant aux théories du complot, il convient comme toujours de les ignorer.

 

C’est chouette. Mais y a Scènes de Ménage  qui a repris, j’ai pas trop le temps

Étudier une proposition de loi n’est pas nécessairement chose simple. Parmi les gens intéressés, combien ne prendront finalement pas le temps d’investir vraiment le projet, tout simplement par manque de temps ou de courage ?

 

Je n’ai pas d’idées, mais j’ai un avis

C’est un risque assumé de ce type de consultation : offrir une tribune à ceux qui n’ont rien à dire mais qui tiennent absolument à le dire. Le système de vote prévu par la plate-forme trouvera ici tout son sens, en permettant d’identifier rapidement les contributions qui ne présentent pas d’intérêt.

 

Je lis, je m’informe, je réfléchis, je contribue

Pas évident de dire quelque chose d’intelligent. La plupart des contributions sérieuses seront celles d’experts ou de citoyens avertis qui bénéficient par ailleurs souvent déjà de relais d’influence auprès des représentants de la nation. La différence ? Les contributions sont publiques, et le gouvernement s’est engagé à motiver sérieusement ses réponses à celles qui auront eu le plus de succès.

Un peu plus de transparence dans la construction du projet de loi. C’est peut-être finalement ça, la grande nouveauté.