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Vers une identité numérique globale

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Données ouvertes, API et interconnexions

e-reputation, identité numérique et données ouvertes

e-reputation et données ouvertes ©Sénat

L’écosystème web est en constante évolution. Sans tirer de conclusions hâtives sur le troisième opus de la série web (comprenons Web 3.0), il semble évident que la donnée en tant que matière première y tiendra une place prédominante.

Ainsi, en considérant chaque web service comme une interprétation, une utilisation de cette matière première, nous avons vu fleurir des modèles de données plus ouverts et accessibles. (produis et plateformes)

Le web (comprenez les web services) devient plus interconnecté, comme un retour aux bases d’Internet (peer to peer et interconnexion directe des clients).

Les api, synchronisations et autres techniques d’accès aux données permettent d’intégrer un service dans l’écosystème web.

Ces évolutions ouvrent la voie vers une homogénéisation globale de la donnée en ligne.

Quelles en seront les nouvelles applications, opportunités et risques ? Dans notre domaine de spécialité qu’est l’e-reputation, comment imaginer les évolutions induites par ces nouvelles mouvances?

 

Dans son article sur l’affaire Xavier de ligonnes et l’enquête 2.0 qui en découla, Gaël évoque la notion d’identité globale.

“Le problème se pose notamment car il n’existe pas encore de véritable identité numérique globale. Nous dispersons au fur et à mesure de notre existence numérique des « miettes» qui une fois rassemblées et analysées en disent beaucoup sur nous.”

Cependant la constante évolution de l’ecosystème web précitée laisse présager une première version de l’identité numérique globale dans un futur proche.

Et si demain les “miettes” étaient automatiquement rassemblées, agrégées, interprétées et restituées…

Identité numérique: empreintes et traces

data-e-reputation

©A collaboration between GOOD and Oliver Munday, in collaboration with IBM.

Dans le contexte ainsi présenté, il semble pertinent de s’intéresser à l’empreinte numérique de tout un chacun.L’ensemble des données que nous créons/ajoutons au cours de nos déambulations sur les réseaux, sont autant d’éléments qui constituent la dîte empreinte numérique.Évidemment nous parlons d’éléments qui ne seraient pas anonymes mais reliés à notre identité (depuis Facebook, le web des pseudos est enterré, nous mettons en avant notre identité réelle sur internet).

L’e-reputation est, entre autres, basée sur cette empreinte et surtout l’interprétation que vont pouvoir en faire les internautes. Il semble également important de ne pas négliger la notion de reflet (interprétation et mise en avant des informations par les moteurs de recherche) qui aura un impact direct sur l’image renvoyée et donc la perception du public.

La notion de reflet est directement expliquée par le fait que l’on trouve sur Internet des vecteurs de visibilité ou ‘points d’entrée’ tels que les moteurs de recherche mais également les réseaux sociaux populaires et les sites agrégateurs de contenus plébiscités (Wikipedia, Twitter, Facebook…).

Nous percevons des bribes de données agrégées selon le bon vouloir des points d’entrée laissant ainsi l’utilisateur assembler seul les pièces du puzzle et se créer sa propre image, son propre avis, votre e-reputation…Cependant comme expliqué précédemment l’interconnexion des services tend à changer la donne pour les années à venir.

Et si demain toutes les données étaient ouvertes et connectées ?

Google réunit donc pour nous des données correspondant à une recherche (dans notre cas, une recherche basée sur un nom et prénom d’un individu).Pour une recherche basée sur une identité, des sites contenant des données qualifiées pourront être visibles (réseaux sociaux, sites d’avis, blogs, …) et mis en avant par les moteurs de recherches selon leurs propres algorithmes.L’utilisateur rassemblera les pièces du puzzle, constituantes directes de l’e-reputation de la personne sujet de la recherche. Une analyse plus fine selon les services permettra de récolter des informations qualifiées (les miettes citées par Gael.)

Maintenant imaginons une interconnexion parfaite entre ces services. Une plateforme capable de synchroniser toutes les données disponibles sur une personne.

Cette approche n’a rien de révolutionnaire (Il existe depuis un certain moment des services approchant cette idée comme 123 people, Yasni, mais beaucoup trop simplistes et fermés face à la réalité du web), cependant, il semble que ces derniers temps tout ce soit accéléré.

En effet, des projets plus avancés comme Klout (indice d’influence global) connaissent une ascension intéressante.

Klout ,e-reputation et indice d'influence

Klout , e-reputation et indice d’influence

Enfin la toute nouvelle Global graph api de Facebook, semble confirmer l’importance de la donnée stratégique dans l’écosystème web.Cette dernière permet,sur le papier, de normaliser et d’uniformiser toute donnée venant d’un autre système web afin de synchroniser les données disparates et de les rendre homogène.La finalité pour Facebook, en proposant une synchronisation des services externes et un affichage sous forme de timeline personnelle est de proposer un service de Lifetracking complet.

Global graph api  ©Facebook

Global graph api ©Facebook

Ne serait-ce pas une première version d’une identité numérique globale? Nos différentes actions sur les réseaux ne seraient pas en train d’être synchronisées sur un même espace?

Le web fermé est résolument enterré, l’interconnexion prime.

Cette nouvelle tendance peut laisser présager de nouvelles applications et une évolution considérable touchant directement le domaine de l’e-reputation.

Augmentation des risques, facilité de gestion de l’image globale, e-reputation plus perceptible et lissée, autant de potentielles problématiques conséquences d’une telle évolution.

Les données, ingrédients clefs de l’e-reputation, pourraient être agrégées d’une toute nouvelle manière (oubliées la première page google et la classique googlisation ?)

Institution d’Etat ou géant du privé

Une question de taille se pose désormais. Qui a le droit de synchroniser ces données? A priori tout le monde, les données récoltées sont publiques ou par définition (choix des utilisateurs) ouvertes et accessibles( au moyen des api et synchronisation de comptes). Cependant des données individuelles et dispersées peuvent-elles êtres considérées de la même manière qu’un agglomérat qualifié?

cnil-e-reputation

cnil-e-reputation

La somme de connaissances (certes ouvertes) peut-elle être légitimement interprétée comme des informations indépendantes et isolées (traitement de données).Il est évident que l’agglomération d’informations qualifiées représente un avantage en terme d’intelligence stratégique ne serait ce que pour du profilage d’individus dans un but mercantile.

Désormais posons nous la question de qui peut synchroniser ces données ? et dans ce cas plusieurs réponses sont possibles. Éventuellement tout le monde, puisque dans la plupart des cas les api sont ouvertes.

Dans la réalité, la charge en développement (qui sera constante si un service veut être viable et pouvoir ajouter en permanence des connecteurs vers de nouveaux systèmes web) et les besoins en technologies (stockage, automatisation et gestion de charge) immenses réduisent la possibilité d’ acteurs aux actuels (et très critiqués) géants du web.

L’identité a toujours été gérée pas des institutions d’états, comment ces dernières pourraient elles pouvoir avoir une influence sur l’actuel monde numérique et sur une éventuelle identité numérique globale?

 

  • Godvicienneo

    Heu… Le Web.3.0 ça existe déjà: C’est du Web en Peer2Peer directement d’un @Internaute à l’autre SANS Site Web ! Dénué de toute Censure, Modération, ou Espion Big Brother !
    Essayez cet Héritier.3.0 de Firefox par exemple: http://3Webee.net/fr/

    • Matthieu Rossi

      Je suis en accord avec vous (dans une certaine mesure).
      J’ai volontairement écourté cette réflexion et notamment un paragraphe traitant d’un aspect un peu plus hardware.
       
      L’authentique internet est effectivement basé sur le peer to peer (et donc la connexion directe de client à client), nous avons depuis ‘mis des serveurs au milieu de tout ça’ (différentes raisons: commerciales, techniques…).

      Pour aller dans votre sens nous pouvons éventuellement citer des projets indépendants (intégrant également l’aspect hardware du réseau et permettant d’éviter d’utiliser des réseaux propriétaires) comme ‘Commotion Wireless’ ou ‘the L train notwork’.
       
      Ces projets s’affranchissent des réseaux classiques par définition contrôlés:
      http://wemakecoolsh.it/#2300081/L-Train-Notwork-Press-Release
      https://tech.chambana.net/projects/commotion

      En revanche, qualifier cette évolution de caractéristique principale du web 3.0 me parait un peu réducteur (que fait t’on de la sémantique, de l’internet des objets ?…). 

  • Le Web 3D se situe dans la partie 4 où il est question de mondes virtuels. De là, ma préférence pour la vision de Seth Godin…Pour plus de clarté, je vais retravailler le graphique…