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E-reputation : la fin de l’escroc ?


E-reputation

Sale temps pour l’escroc. Le web social permet aux entreprises d’échanger directement avec leurs consommateurs (et la « communauté »), à une personne de rester proche de ses amis, en résumé combine transparence et fluidité dans les relations entre individus. Cette transparence ne fait pas l’affaire des escrocs, qui ont en général cette fâcheuse mais logique tendance à vouloir rester caché.

Nous avons répertorié ici certains escrocs ou escroqueries célèbres afin de voir si leurs modi operandi auraient résisté à une légère analyse de leur e-reputation :

Christophe Rocancourt : Los Angeles

L’un de ses stratagèmes les plus célèbres a consisté à se faire passer pour un champion de boxe venu disputer un combat à Los Angeles. Technique qui lui permit de pénétrer un milieu huppé peuplé de ses futures victimes (pigeons ?).

Notre analyse : Christophe Rocancourt ne pourrait raisonnablement pas mener à bien un tel scénario de nos jours. A l’heure des smart phones, de la googlisation généralisée, son stratagème aurait immédiatement été démasqué. Il aurait pu prendre les devants en se créant un blog, en diffusant des photos de lui mais quid des liens classiques rattachés à un sportif de haut niveau (wikipedia, presse sportive, fédérations…) ? Il aurait donc été démasqué.

Troy David Stratos : le faux acquéreur immobilier

Cet individu, après avoir mené diverses escroqueries en Amérique du nord, s’est fait passer pour un riche acquéreur de biens immobiliers à Paris. Durant plusieurs mois, il s’est fait subventionner un train de vie de milliardaire à Paris par les futurs vendeurs, prétextant attendre des virements de l’étranger.

A noter : Monsieur Stratos aka David Burton avait visiblement crédibilisé son e-reputation par un site personnel.

Notre analyse : Un multimillionnaire dispose en général d’une image en ligne qu’il est difficile de falsifier : site de son entreprise, photos dans la presse, œuvres caritatives, vie mondaine, amitiés affichées, scandales, etc. Une étude peu poussée de la présence en ligne de Monsieur Stratos aurait pu alerter ses victimes.

Arnaques aux investisseurs étrangers

Cette arnaque a été déclinée de nombreuses fois mais nous pouvons exposer un de ses exemples : un avocat contacte un homme d’affaire pour lui dire que le consortium qu’il représente souhaite investir 60 millions d’euros par son intermédiaire dans l’immobilier, dont 10 millions en espèces. Lors de la livraison des espèces, les avocats expliquent s’être fait bloquer la somme lors d’une escale à Genève : Ils ont besoin de 200 000 euros pour la débloquer. Une fois les 200 000 euros versés par la cible, les avocats disparaissent.

A noter : les faux avocats font tout de même l’effort de créer un site internet de leur cabinet.

Notre analyse : il suffit de 10 minutes pour détecter qu’il y a une supercherie. Le « whois » (dépôt du nom de domaine consultable sur le net) du site du cabinet d’avocat est en général masqué ou déposé dans un autre pays que celui du cabinet, les photos du site proviennent en général de banque d’images (photo de mannequins anglo-saxons très « proprettes »), la « googlisation » des associés amènera en général au mieux sur des profils professionnels peu actifs, il n’y aura pas de publication juridique ou d’inscription à annuaires professionnels, pas d’article dans la presse, le standard ne répondra sûrement pas…

Tout cela nous amène donc à 7 règles d’or à appliquer pour que la mort de l’escroc soit effective:

1-Commencez par « googliser » une personne dès que vous avez le moindre doute sur ses intentions. Cela n’a rien d’intrusif, se dit sans problème à son interlocuteur (régulièrement des clients confient m’avoir googlisé). S’il n’y a pas la moindre information alors que la personne vous a annoncé une expérience dans les affaires, méfiez-vous.

2-L’escroc, masqué sous un nom d’emprunt, aura du mal à afficher de vrais amitiés. Une relation établie avec une personne reconnue sera un élément rassurant (mention sur le blog de la personne, vidéo en commun, etc.).De même, un compte Facebook avec de nombreux « Friends » qui interagissent avec lui est difficile à simuler.  Ne vous laissez pas avoir par une simple photo dans une soirée publiée dans la presse.

3-La présence dans les médias traditionnels est difficile à reproduire et pourra être un gage que votre interlocuteur existe vraiment. Le principe reste cependant de se méfier les médias pouvant être manipulés sur le court terme.

4-Faites des rapprochements de photos entre l’interlocuteur que vous avez vu, les réseaux sociaux, une recherche Google image des actionnaires des sociétés dont il vous a parlé. S’il n’est pas vigilent, vous pourrez tomber sur un de ses alias.

5-Googlisez les entreprises mentionnées sur le CV de la personne (celui que vous aurez récupéré sur Linkedin par exemple). Une absence récurrente de site internet ou de registre du commerce de ces dernières pourra vous mettre la puce à l’oreille.

6-Vérifiez la cohérence des chiffres, s’il se prétend milliardaire et propriétaire de la « ABC S.A. » immatriculée en Belgique, vérifiez que la société en question existe et que son capital social et son bilan sont cohérents avec ses dires.

7-Renseignez-vous sur le « Whois » des sites supposés crédibiliser votre interlocuteur (site de son entreprise, site personnel…) et comparez les coordonnées trouvées avec celles dont vous disposez. Méfiez vous des « whois » anonymisés.

Il existe bien sûr des exceptions et certains parcours peuvent laisser que peu de traces sur le Web. Ces quelques règles devraient cependant vous aider dans la majeure partie des situations.