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Olivier Zara répond aux questions de Reputation Squad sur le Personal Branding

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Albéric Guigou: Peux-tu te présenter en quelques mots ou doit-on plutôt te Googler pour te découvrir ?

Olivier Zara: Ayant une vie numérique bien remplie depuis plus de 10 ans et quasiment aucun homonyme, si vous googlez « Olivier Zara », vous trouverez 57.700 résultats. Alors, il vaut mieux que je me présente pour aller plus vite et pourquoi pas avec mon CV 2.0, support de mon identité et de ma réputation numériques :

http://www.olivier-zara.com

En général, on ne google pas une personne pour savoir ce qu’elle dit sur elle-même mais pour savoir ce que les autres pensent de cette personne. Si vous voulez savoir ce qu’on pense de moi, cliquez sur les onglets « Recommandations » et « Références ».

Quelle est ta définition du Personal Branding ?

Personal Branding signifie en français : « Créer et gérer sa marque personnelle ». Notre marque est l’addition de notre identité et de notre réputation professionnelles. Le Personal Branding aide à mieux communiquer sur ses aptitudes métiers, ses expertises, ses compétences, ses valeurs, ses qualités humaines, ses réussites, bref ce qu’on pourrait appeler ses talents. L’objectif du Personal Branding est de faire rayonner son identité et sa réputation professionnelles pour que les gens viennent à nous avec des offres plutôt que d’être en permanence dans une situation de recherche. Le Personal Branding va bien au-delà de la simple auto-promotion de soi qui aboutit souvent à donner une bonne image de soi alors que le plus important est de communiquer sur une image authentique.

Le Personal Branding, c’est créer une identité, une marque personnelle qui soit authentique et montre votre singularité bien au-delà de votre de votre fonction dans une organisation.

Quoi de neuf ? Pas grand-chose, si on pense aux expressions suivantes : il faut se démarquer ; Avoir une bonne image de marque ; Imprimer sa marque dans un projet ; Marquer les esprits ; C’est sa marque de fabrique. Depuis bien longtemps, dans le langage courant, individu et marque sont associés.

Comment concilies-tu Vie Pro et Vie Privée sur le Web ?

Il y a beaucoup d’exemples de personnes qui essayent d’avoir une vie Pro et une vie privée sur Internet et qui se prennent les pieds dans le tapis. Dans notre vie physique, nous arrivons assez bien à créer une cloison étanche entre notre vie pro et perso. Sur le web, on y arrive moins bien. Il y a quelques semaines, un de mes lecteurs m’invite sur Facebook. J’accepte, je regarde son profil, ses photos pour savoir qui m’invite. Le lendemain, il m’écrit : « Je me suis trompé de compte sur Facebook. J’ai deux comptes et je vous ai invité avec mon compte perso alors que je voulais vous inviter avec mon compte pro ». Puis, il m’envoie une autre invitation mais question vie privée, c’était trop tard. Et puis, j’avais envie de lui poser plein de questions : et si votre collègue devient votre manager ? et si votre meilleur ami devient votre pire ennemi ? et si votre collègue et ami trouve des photos de vous en vacances sur Facebook alors qu’officiellement vous êtes en congé de maladie et qu’il a sur son bureau VOTRE travail ? et si votre famille duplique les contenus de votre profil « privé » par simple copier coller sur des blogs ou espaces publics ?

La frontière entre le public et le privée est un leurre. Elle n’existe techniquement pas, soit parce que vous vous prenez les pieds dans le tapis tout seul, soit parce que votre entourage manque de bon sens numérique, soit parce qu’un pirate s’introduit sur votre compte comme ce fut le cas par exemple sur le compte Facebook de Paris Hilton.

Pour répondre à ta question, je ne concilie pas ma vie pro et perso sur le web. Je n’ai quasiment pas de vie privée sur Internet. Je partage quand même du contenu mais pas beaucoup et pas dans les réseaux sociaux type facebook. J’utilise surtout des plate-formes comme Picasa qui permet de faire des liens privés vers des photos.

Mon attitude n’est pas forcément à imiter. J’ai une politique du risque zéro parce que je n’aime pas étaler ma vie privée d’une manière générale, même dans une conversation face à face et donc encore moins sur une place publique mondiale. Mon choix est lié à ma personnalité : la discrétion. Chacun doit faire en fonction de sa personnalité et du niveau de risque qu’il est prêt à prendre.

Considères-tu ta page Facebook comme un outil de Personal Branding ?

Mon profil Facebook comme tous mes profils numériques contribuent à définir mon image de marque. Un profil Facebook est de facto un outil de Personal Branding pour tout le monde même pour ceux qui n’invitent que leurs « amis ».

Ta question est intéressante parce qu’elle sous-tend deux façons d’aborder les médias sociaux. Ceux qui s’en servent pour se faire de la publicité comme les entreprises le font dans les médias traditionnels. Ceux qui s’en servent pour socialiser, partager, s’amuser, rencontrer… C’est-à-dire comme une extension de leur vie physique.

De mon côté, ce qui me fait plaisir avec Facebook, c’est quand Stéphane Fermigier m’écrit : « Est-ce que tu es mon ami de l’école primaire Vaugirard quand on avait 6 ans ? » et que quelques jours plus tard, on se retrouve pour boire un verre. Ce qui me fait plaisir, c’est d’échanger des connaissances sur mes domaines d’expertise comme l’intelligence collective. Cela dit, indirectement Facebook contribue à ma notoriété. Dans mon usage du service, c’est une conséquence et non un but.

Le Personal Branding est un outil au service de quelque chose de bien plus grand que son auto-promotion. C’est une démarche, une méthode… pas une finalité !

Que penses-tu de l’image négative qui est souvent attachée au Personal Branding, particulièrement en France ? Cette perception du Personal Branding comme un abaissement de l’humain au rang de Produit à vendre, à marketer ?

Cette image négative est propagée par :

– Ceux qui ne comprennent le Personal Branding qu’à travers sa traduction littérale. Personal Branding = Marque Personnelle. Marque = baril de lessive. Si marque = objet et que marque = personne alors objet = personne donc marchandisation de l’être humain. Ceux qui font cette équation ne connaissent bien sûr RIEN à la démarche et ils ne chercheront pas à en savoir plus puisqu’ils ont déjà tout compris grâce à leurs talents de traducteur.

– Ceux qui détestent la compétition, la méritocratie. Ils n’aiment pas les démarches qui aident la performance individuelle parce que si ces démarches sont massivement adoptées, cela les rend de facto moins compétitifs !

– Ceux qui n’aiment pas se montrer pour des raisons de personnalité (introversion, timidité, manque de confiance en soi) ou de culture (modestie, humilité). Ils se sentent aussi en danger d’être moins compétitifs sur le marché du travail et … ils ont raison. Alors leur « stratégie d’acteur du système » consiste à essayer de détruire ce qui pourrait leur nuire par tous les moyens.

– Certains experts du Personal Branding ! Formés à l’école américaine, imprégnés de l’utilitarisme nord-américain, porte-parole de la pensée des pères fondateurs William Arruda, Peter Montoya & Co, ces Français oublient la CULTURE française, plus humaniste qu’utilitariste. Ils n’hésitent pas à dire que le Personal Branding, c’est savoir se vendre. Cette affirmation est totalement fausse mais elle est surtout culturellement inadaptée. Il y a plusieurs façons de se saluer selon les cultures, on appelle cela l’interculturalité. Il y a aussi plusieurs façons d’expliquer le Personal Branding. L’explication à l’américaine n’est pas la plus adaptée à la culture française.

L’an dernier, en 2009, je t’avoue qu’on était sur la voie d’un désastre. Mais, il y a maintenant trois auteurs français sur le Personal Branding qui comprenent bien l’interculturalité et qui sont sur la même longueur d’onde : celle de l’humanisme et non de l’utilitarisme. On est donc en bonne voie d’éteindre le feu.

Pour finir, quels sont les conseils que tu donnerais à une personne qui n’a aucune présence en ligne mais souhaiterait commencer à développer son Branding ?

Avant de cliquer frénétiquement sur votre souris pour créer des profils sur tous les services existants, commencez par réfléchir sur vous. La première étape du Personal Branding, c’est de mieux se connaitre. Il s’agit d’une étape d’introspection que beaucoup ne veulent pas faire. Cela leur paraît fumeux alors qu’un profil en ligne, c’est du concret ! Mais, si on saute cette étape, au lieu de montrer notre singularité, nos talents, au lieu de bien communiquer sur notre projet, on regarde les autres et on fait pareil.

Si vous prenez ce temps de réflexion, vous sortirez votre profil en ligne un ou deux mois après les autres mais vous serez largement gagnant sur le long terme. Un recruteur fait vite la différence entre ceux qui cherchent à avoir une bonne image et qui ressemblent à tout le monde et ceux qui ont une image authentique et qui se différencient.

Et enfin quelle est pour toi la prochaine tendance dans les techniques de Personal Branding ? On parle souvent de la vidéo…

Loïc Le Meur, qui fait la préface de mon livre, a mis de côté sa plate-forme de micro-blogging vidéo. Cette décision de Loïc est une bonne façon de répondre à ta question ! La vidéo pose un problème tant en termes de personnalité que de culture. Par exemple, dès que j’allume ma vidéo sur skype, j’ai le trac 😉

A mon avis, la nouvelle tendance du Personal Branding, c’est … ReputationSquad !!

Merci Olivier!