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Droit à l’oubli pour tout le monde?

L’E-réputation et le Droit à l’Oubli ont droit à l’attention des politiques et des médias ces dernières semaines. Les débats se multiplient et l’on ne peut que s’en réjouir.

Il est cependant regrettable de s’apercevoir à quel point, les interventions publiques sur le droit à l’oubli restent décalées d’avec la réalité quotidienne de M. Tout le monde. Il ne s’agit pas ici d’être populiste et d’agiter le chiffon rouge des élites seulement soucieuses d’elles-mêmes. Il n’en reste pas moins que certaines discussions stériles interpellent, je pense par exemple à celle qui a eu lieu lors de l’émission Ce Soir ou Jamais sur France 3 et qui n’a apporté aucun élément nouveau au débat.

Quelles sont les réalités que nous rencontrons dans notre pratique quotidienne chez Reputation Squad?

Des individus dont la vie est rendue complexe, honteuse parfois impossible (recherche d’emploi par exemple) par les moteurs de recherche et la façon dont ils hiérarchisent l’information.

Mais les débatteurs préfèrent raisonner avec des extrêmes ou des cas totalement abstraits, à les écouter il n’y aurait sur Internet que des célébrités à la Laure Manaudou ou bien des criminels. Eric Schmidt, le patron de Google a d’ailleurs été pris récemment en flagrant délit de simplification en affirmant: »si vous souhaitez que personne ne soit au courant de certaines choses que vous faites, peut-être que vous ne devriez simplement pas les faire ». L’on sait bien depuis qu’il ne s’appliquait pas cette règle d’or à lui-même.

En effet, les défenseurs à tout crin de la liberté sur le Web ne se rendent compte de la dimension du problème qu’au moment où ils doivent l’affronter pour eux-mêmes.

Il faut cesser de sermonner l’Internaute, ce supposé « idiot » qui dit, écrit, filme n’importe quoi et le met en ligne pour responsabiliser les tiers responsables des atteintes les plus graves et les plus difficiles à corriger: presse, responsables de forums, responsables de blogs, etc.

Au-delà, de la liberté d’expression chacun doit prendre conscience de la spécificité d’Internet (pas de limites dans l’espace et le temps) et de la puissance de son support avant d’y accepter certaines informations pouvant être dommageables à autrui. Le problème bien souvent ne vient pas de ce que l’information soit disponible mais qu’elle apparaisse en premier dans les pages de résultats sur une personne. Quand on est journaliste, quand on a un blog puissant il faut en être conscient et se demander quel peut en être l’impact pour la personne citée, en particulier s’il s’agit d’un quidam sans accès aux médias, sans bagage technique, etc.

Nous reviendrons sur ces questions à l’avenir bien sûr afin de poursuivre ce débat capital du droit à l’oubli et de la protection de la vie privée.